CO-INTERVENTION

PRESENTATION

Les nouvelles grilles horaires font apparaître des heures d’enseignement en co-intervention clairement identifiées, avec un caractère obligatoire. Ces heures concernent uniquement la co-intervention en mathématiques avec l’enseignement professionnel (en CAP), en mathématiques-physique-chimie avec les enseignements professionnels (en baccalauréat professionnel) et en français avec les enseignements professionnels (en CAP et baccalauréat professionnel). C’est de la mise en œuvre de ces heures qu’il est question dans ce document (aspects organisationnels et pédagogiques). Rappelons toutefois que l’article L314-2 de la loi pour l’école de la confiance permet toujours à des équipes, dans le cadre d’expérimentations locales et en accord avec le projet d’établissement, de développer en plus et sous réserve de l’autorisation préalable des autorités académiques, des initiatives d’enseignement en co-intervention mobilisant d’autres disciplines qui peuvent rester tout à fait pertinentes et qu’il convient alors d’encourager.

Articuler les enseignements généraux et les enseignements professionnels pour favoriser la réussite des élèves

En rendant plus concrets les enseignements généraux, en mettant en perspective les situations professionnelles et en rendant plus lisible le sens des enseignements, généraux comme professionnels, la co-intervention doit susciter ou accroître la motivation des élèves et favoriser leur engagement dans leur formation. Nous définirons donc la co-intervention comme une modalité pédagogique de mise en œuvre des référentiels et des programmes dans laquelle deux enseignants interviennent ensemble dans une même salle (ou un même lieu) et au même moment. Dans cette définition, la co-intervention suppose nécessairement un co-enseignement, c'est-à-dire un projet d’enseignement élaboré en commun et en amont de la co-intervention proprement dite : définition des objectifs et des contenus d’enseignement à partir des référentiels et des programmes, choix des moments et des formes de la co-intervention pour atteindre ces objectifs, indicateurs d’évaluation pour l’analyse réflexive de la séance proposée. La co-intervention prescrite dans les nouveaux arrêtés partage avec les EGLS (enseignements généraux liés à la spécialité), tels qu’ils étaient définis par l’arrêté du 10 février 2009, les objectifs suivants : adapter la formation générale aux spécificités professionnelles ; renforcer la cohérence globale de la formation ; montrer que l’enseignement général participe de la formation professionnelle et la conforte ; favoriser la concrétisation de projets collectifs. Elle s’en différencie cependant par l’attribution d’un horaire dédié dans la grille horaire de chaque année du CAP et du baccalauréat professionnel et par l’indication dans cette même grille des enseignements concernés. Elle n’a lieu, en effet, qu’entre des enseignements professionnels et des enseignements généraux et, en ce qui concerne les enseignements généraux, elle se limite au français et aux mathématiques pour le CAP, au français, aux mathématiques et à la physique-chimie pour le 5 baccalauréat professionnel. Les enseignements professionnels sont, eux, tous concernés. Cette définition stricte des horaires et des disciplines concernées doit permettre une mise en œuvre effective de la co-intervention. La co-intervention se différencie également des EGLS par la nécessaire collaboration de deux enseignants, d’enseignement professionnel et d’enseignement général, et leur intervention conjointe dans la classe, alors que l’horaire supplémentaire prévu pour les EGLS concernait les seuls enseignants des disciplines générales. Rappelons cependant qu’attribuer des heures à la co-intervention, c'est-à-dire doubler le taux d'encadrement, ne fait pas, en soi, progresser les élèves si cette co-intervention n’est pas pensée en amont (projet d’enseignement, modalités, calendrier, moments d’intervention de chacun des enseignants, etc.). C’est donc tout l’objet de ce vadémécum de préciser à quelles conditions la cointervention peut concourir aux apprentissages des élèves. Ce dispositif pédagogique suppose en effet de nouvelles tâches, de nouvelles modalités de travail à établir pour « faire ensemble ». Il s’agit de créer des ponts entre les disciplines pour apporter de la cohérence à la formation globale délivrée aux élèves. Loin d’être une simple juxtaposition pédagogique de deux enseignements, la co-intervention entre une discipline d’enseignement général (français, mathématiques ou physique-chimie) et les enseignements professionnels doit se construire à partir d’une situation professionnelle issue du référentiel des activités professionnelles des spécialités concernées (RAP), en mobilisant à la fois les connaissances, compétences et capacités du programme des disciplines générales, les tâches décrites dans le référentiel d’activités professionnelles et les compétences et savoirs associés décrits dans le référentiel de certification.